J'ai décroché une bourse de recherche dans une grande université américaine pour une année scolaire. Je vais donc y enseigner, y organiser des conférences et y écrire des publications. Et comme m'ont dit des amis avant de partir: "et tu seras payée pour ça !?"

Non seulement je serai payée mieux qu'en France, mais en plus j'ai des conditions de travail ahurissantes. J'ai des enseignements à donner? Des étudiants sont payés pour m'aider à préparer la documentation, les photocopies, les powerpoint, c'est à dire que je suis libre de leur demander ce que je veux. J'ai des conférences à organiser? Il me suffit de proposer une liste de noms et on se chargera de toute la logistique à ma place. Il ne faudrait pas, surtout, que ces différentes tâches viennent empiéter sur mon temps de recherche. La bibliothèque, bien sûr, est ouverte 24h/24.

A lire le programme des conférences et des séminaires qui se déroulent dans la ville, je retrouve la moitié des auteurs de la bibliographie de ma thèse. Plutôt enthousiasmant, sachant qu'une grande partie de mon travail de cette année est d'aller à leur rencontre.

Plus narcissiques, mais non moins symboliques, les petits détails sont particulièrement frappants. Le premier jour, à peine arrivée, on me faisait signer le bon à tirer pour mes nouvelles cartes de visite. Mon bureau était équipé de toutes les fournitures nécessaires, du crayon de papier à l'agraffeuse en passant par la boîte de mouchoirs en papier. Lorsque j'ai pris possession de mon bureau, mon nom était déjà inscrit sur la porte.

Sans compter l'accueil excellent, souriant et enthousiaste, qui est inhérent à la culture américaine, mais qui est fort agréable. Et le fait que le campus est magnifique.

Bref, quand je vais au boulot, je ne me demande plus ce que je fais là. A première vue, ça valait vraiment la peine.