Déjà, en devenant parents, on était passés du côté de ceux qui ont besoin d'une grande maison à la campagne, et qui mangent des produits importés. Mais maintenant qu'on avait la maison, on était prêts à franchir l'ultime étape vers le cliché de la famille d'expatriés : trouver une nounou pour notre bébé.

On venait de passer un peu plus de quatre mois à se relayer tous les deux pour divertir, veiller et nourrir bébé toutes les trois heures, de jour comme de nuit (le petit saligaud!). On commençait à avoir sérieusement besoin d'un peu d'aide, au moins pour que l'un de nous deux - suivez mon regard - puisse sortir de la maison en journée, rencontrer des gens, avoir des activités, bref respirer un peu, pendant que je suis au boulot.

Dans notre villlage, il n'y a pas de crèche. Elles sont plutôt rares à Hong Kong. Ici, pas d'option pour faire garder ses enfants dans des structures collectives avant dix-huit mois. Et encore, quelques heures par semaine seulement. Une seule solution: embaucher une employée de maison à plein temps, qui loge à la maison, et qu'on appelle ici "domestic helper".

A Hong Kong, ces emplois sont occupés, dans leur grande majorité, par des femmes de nationalité philippine, ou indonésienne. Elles arrivent souvent à Hong Kong par l'intermédiaire d'une agence de recrutement, pour un premier contrat de deux ans. Puis, à la fin de chaque contrat, elles ont deux semaines pour trouver un nouvel employeur ou bien quitter le territoire. La loi les oblige à loger chez leurs employeurs, ce qui facilite évidemment toutes sortes d'abus.

Pour nous, c'était donc un peu intimidant: trouver une personne qui allait bien s'occuper de notre bébé, et qui allait vivre avec nous, partager notre intimité, du lundi au samedi. Et du même coup, se retrouver dans la position de l'employeur, un peu honteux de recourir à cette main d'oeuvre bon marché, mais en se disant que quand même, on va faire de notre mieux pour que ça se passe bien et tout et tout. Quand même, se dire qu'on va avoir une employée de maison à domicile, ça fait bizarre. Mais compte tenu du court délai dont disposent les personnes entre deux contrats, et du temps nécessaire à l'obtention d'un nouveau visa, il faut se décider très vite. Nous voilà donc en quête de LA nounou.