Pékinoscope

15 mai 2012

Virginie

Excursion sudiste ce dimanche. Une journée au fin fond de la Virginie, pour aller à la plage, en passant par Jamestown, là où se sont installés les tout premiers colons européens d'Amérique du Nord. Quatre heures d'autoroute dans un sens, six heures de nationale dans l'autre, en prenant le détour qui passe par la maison natale de ma coloc et par un magnifique restau de barbecue façon relais routier.

La plage de Virginia Beach, ça ressemble à ça.

Photo0300

Notez les magnifiques barres d'immeubles qui longent le littoral sur des kilomètres. Je trouve qu'il y a un petit côté soviétique sur les bords, non? Mais c'est cool de se baigner tout de même, et de poser ses pieds dans le sable chaud. Un avant-goût de vacances. 

Notre road-trip a continué avec des kilomètres de petites routes entre des bois et des champs de coton. Parfois on traversait des villes. Une ville au fin fond de la Virginie, ça ressemble à ça.

Photo0304

Ou à ça.

Photo0303

En fait impossible de se rendre compte de la taille de la ville. L'habitat est tellement dispersé que la seule chose qu'on voit, c'est quelques centres commerciaux en préfabriqué le long de la route. Les belles villas sont complètement dissimulées dans la forêt. Le long de la route par contre, on voit beaucoup de petites maisons en bois qui s'écroulent à moitié, prêtes à s'envoler façon cabane des trois petits cochons, avec d'énormes pick-up hors d'âge garés devant. Avoir sa maison à soi, à trente minutes de la première supérette discount, au calme, le long de la route. Le rêve américain.

Posté par pekinoscope à 04:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


Chacun son style

IMG_0037

Hummer ou Jaguar... C'est ça la diversité façon Georgetown !

Posté par pekinoscope à 03:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
05 mai 2012

Accent sexy

Dans une conférence à laquelle j'assistais il y a quelques jours, l'une des intervenantes a commencé son speech par s'excuser de ne pas avoir un super accent européen. La précédente intervenante avait en effet un accent anglais très prononcé, et celui d'avant était kazakh. L'Europe s'étend très loin, vue d'ici.

Pour je ne sais quelle raison, c'est super bien vu ici d'avoir un accent étranger. Pas mexicain, c'est pas connoté pareil. Ni russe: ça rappelle le méchant dans les films hollywoodiens. Mais européen par exemple, ou en tous cas occidental. Les gens me disent souvent qu'ils aiment bien mon accent.

Pour mon coloc australien, c'en est presque agaçant. Tout le monde est pendu à ses lèvres dès qu'il parle dans une conférence. C'est un peu parce qu'il faut vraiment s'accrocher pour comprendre ce qu'il dit, et beaucoup parce qu'il a un accent super sexy. Il a l'impression qu'il pourrait dire n'importe quoi, on lui dirait toujours que c'est excellent. Il se sent, pour reprendre sa formulation, comme "une femme qui essaie de présenter son travail sérieusement, alors que tout le monde ne regarderait que ses seins", ce qui est, évidemment, très frustrant.

En tous cas, c'est sûr qu'en tant que Française, je me suis toujours sentie hyper bien accueillie et reconnue dans mon travail. C'est assez agréable, en fait.

 

Posté par pekinoscope à 21:54 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
18 avril 2012

Pink slime

Je n'ai pas la télé, et je ne suis pas de très près l'actualité américaine. Mais une affaire a quand même trouvé son chemin jusqu'à moi: le "pink slime". Il s'agit d'une "substance visqueuse de couleur rose" (traduction littérale) qui est utilisée comme additif bon marché dans la viande de boeuf hachée. Ce sont des fragments de viande, de tendons, de gras et de ligaments qui ont été séparés d'autres éléments à l'aide d'une centrifugeuse, hachés puis traités à l'ammoniaque ou à l'acide citrique contre les bactéries. Une démo par Jamie Oliver ici.

La loi américaine permet de vendre du steak haché comprenant jusqu'à 15% de ce truc sans le mentionner sur l'étiquette. Le seul moyen d'être sûr que votre viande ne contient pas de pink slime est donc d'acheter bio ou bien de repérer si un fabricant communique spécifiquement sur le fait que sa viande est "sans pink slime". Ce qui a créé le scandale, c'est que les cantines scolaires publiques sont fournies avec de la viande qui en contient. Suite à des pétitions, le gouvernement américain a annoncé qu'il offrirait d'autres options à partir de l'année prochaine, et en attendant les cantines cherchent à se fournir ailleurs, mais il leur est parfois difficile de trouver des fournisseurs qui n'utilisent pas de pink slime ! En attendant, plusieurs chaînes de supermarchés et de fast-food ont annoncé qu'ils cessaient de vendre de la viande contenant cet additif, conduisant le principal fabricant de pink slime à fermer plusieurs de ses usines.

Tout ça pour dire que dans ce pays, on a quand même des standards assez bas quand il s'agit de définir la limite minimale de ce qu'on peut proposer à manger aux gens. D'ailleurs pendant longtemps, le pink slime était utilisé seulement dans les aliments pour chien, jusqu'à ce que quelqu'un y voit une super opportunité de business dans les aliments pour humains. Décidément, on n'arrête pas l'innovation.

Cela résonne avec une impression que j'ai eue en allant me fournir en légumes bio dans les supermarchés du coin. En France, le bio est considéré par beaucoup de gens comme une excentricité de gens un peu baba-cool qui veulent "revenir en arrière", et "abandonner les bénéfices" de la modernisation de la filière agro-alimentaire. Pas mal de gens en France pensent que le bio est moins sûr que le conventionnel et moins bon pour la santé, parce qu'on n'a pas utilisé de produits chimiques pour désinfecter les légumes (si si, je vous assure, j'ai entendu ce genre d'inepties assez souvent). Aux Etats-Unis au contraire, le bio m'a plutôt l'air d'être plébiscité par les riches, qui n'ont aucune confiance dans les procédés de fabrication industriels, et qui sont donc prêts à mettre des sommes importantes dans des aliments bio, qui sont, ici, vraiment beaucoup plus chers. Le pink slime, c'est bon pour les pauvres.

Et cela résonne aussi avec la série de scandales alimentaires qui ont eu lieu en Chine pendant que j'y étais, en 2007. Il y a eu le lait pour bébé empoisonné à la mélamine, parce que ça permettait d'améliorer artificiellement le taux de protéines, un super argument de vente. Et puis quelques mois plus tard j'étais tombée sur un reportage qui parlait de fermes bio qui produisaient exclusivement pour un réseau de distribution interne au parti, et secret. Là encore, on avait des gens privilégiés, qui étaient très conscients des dérives du système de production agro-alimentaire de leur pays, et qui payaient donc très cher pour y échapper. Mais qui ne montraient pas beaucoup d'empressement pour élever les standards de qualité destinés au reste de la population...

Posté par pekinoscope à 00:07 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
16 avril 2012

barbecue

Hier on a fait un barbecue à la maison.

Quand j'ai invité les gens ils m'ont tous dit: alors tu te mets aux traditions américaines?

Sur le coup j'ai eu un peu de mal à comprendre. Mais apparemment le barbecue serait considéré comme une spécialité typiquement américaine. Tout le monde était très surpris quand je leur ai dit que tout le monde faisait des barbecues en France l'été.

Mais alors quelle est la différence entre un barbecue européen et un barbecue américain? Vous faites cuire de la viande ou pas du tout? Vous ne faites pas de hamburgers quand même ? Euh... Ben, il n'y a pas beaucoup de différence... Peut-être l'usage des herbes de Provence? Un peu plus de côtes de porc et un peu moins de viande hachée? Les saucisses, on n'en fait pas toujours des hot dogs? 

Franchement, des fois en écoutant les questions qu'on me pose je m'interroge sur l'image que ces gens ont de la France. Petit florilège: "tu manges du pain de mie industriel, toi?"; "ah, une salade pour le déjeuner, c'est tellement sain"; "ça y est, tu manges des frites, tu deviens américaine".

Cette dernière remarque est d'ailleurs contradictoire avec d'autres réflexions qu'on m'a faites sur les frites: on m'a déjà demandé si j'aimais les frites américaines, parce qu'en tant que Française, on doit avoir de hautes exigences vu qu'on a inventé les frites. Ben oui, si c'était pas nous ça ne s'appellerait pas "French fries", n'est-ce pas? (comment ça c'est les Belges? De toute façon c'est pareil, vu d'Outre-Atlantique).

D'ailleurs les Français semblent avoir inventé plein de choses à leur insu. On savait déjà que le French kiss nous était attribué. Mais saviez-vous pour la cafetière à piston, la "French press"? Je crois que je vais commencer à collectionner les "French quelque chose"...

Posté par pekinoscope à 02:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


07 avril 2012

Historique

Hier soir en sortant de chez moi je me suis trouvée nez à nez avec un type en costume confédéré. Il était accompagné d'une cinquantaine de personnes et leur racontait comment ses aventures l'avaient amené dans la grande maison, là, juste en face de chez moi, à la grande époque.

Voilà ce que c'est que d'habiter dans un quartier historique...

Posté par pekinoscope à 22:43 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
24 mars 2012

73°2 le matin

Je m'échappe une semaine, et hop, on est passés de l'hiver à l'été. Du chauffage à la clim, sans transition.

Ce n'est pas que la température soit caniculaire. La semaine dernière il a fait, selon les jours, entre 22 et 28 degrés. Pour moi, c'est parfait. J'ouvre les fenêtres allègrement et je m'installe dans mon petit jardin derrnière la maison pour bouquiner en profitant du soleil. C'est super.

Mais à la maison, une polémique est née: à quelle température doit-on régler la clim? Quatre personnes, quatre pays, quatre opinions différentes sur le sujet. D'habitude à la maison, dans les controverses on a plutôt un pôle européen (France-Espagne), et un pôle anglo-saxon (Etats-Unis-Australie). Mais cette fois, il semblerait plutôt que les Etats-Unis soient dans un pôle à eux tout seuls, contre le reste du monde. Le hic, c'est qu'ils jouent à domicile et que la question a l'air hyper viscérale. 

Nous sommes donc au moins deux à souhaiter pas de clim du tout, tant que les températures ne montent pas au-dessus de trente. En attendant, on peut aisément ouvrir les fenêtres pour créer des courants d'air et rafraîchir la maison pendant la nuit (il fait 15 degrés dehors la nuit). Mais côté américain, impossible de vivre par une température supérieure à 22°. Par 25°, on étouffe !

Ce à quoi nous objectons que la maison est chauffée à plus de 22° l'hiver (là aussi, négocié de haute lutte). Ce qui conduit à un phénomène ubuesque et généralisé aux Etats-Unis: les gens sont en bras de chemise l'hiver, et en veste l'été. Mais c'est pas pareil, paraît-il: l'air qu'on fait entrer par les fenêtres est horriblement humide et c'est très mauvais pour la santé, et ça nous fait supporter beaucoup moins bien les températures élevées ! Honnêtement, cette sensation a l'air d'être très subjective. Parce que d'un autre côté, l'air de la clim, pour moi, est beaucoup trop sec et me donne mal à la gorge.

Le compromis qui fut trouvé est le suivant: on abandonne le réflexe qui nous choque le plus, qui consiste à renforcer la clim le matin juste avant de partir pour que la maison soit bien froide le soir quand on rentre. Au lieu de ça, on utilise le programmateur et on met en place des horaires. On cède sur la nuit: 72°F, soit un peu plus de 22°C. On a fait un essai à 21°C, mais vraiment on était emmitoufflées sous notre couette avec un vent glacial qui nous tombait dessus... Le matin et la journée, 78°F soit un peu plus de 25°C max, quand on n'est pas là. Et le soir, on redescend à 75°F, presque 24°C.

C'est au moins 3 degrés de moins que ce que j'aurais fait (en fait, je n'aurais rien fait du tout). Mais au moins 3 degrés de plus que ce que la coloc aurait fait. Et pour tout le monde, c'est hyper sensible. Qui eût cru qu'on en viendrait à se balancer des degrés Fahrenheit à la figure ?

 

 

Posté par pekinoscope à 15:05 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]

La Nouvelle Orléans

Et hop! Une petite escapade de 5 jours à La Nouvelle Orléans. C'est à peu près conforme à la légende: ensoleillé, joli, avec des jolis balcons ouvragés et de la musique un peu partout. Ca change vraiment des autres coins des Etats-Unis que j'ai pu voir. Un vrai dépaysement.

Photo0219

Au fond ça me rappelle un peu d'autres villes coloniales sous un climat tropical, comme Manille ou certains coins de La Martinique. C'est vraiment chouette, tranquille et festif à la fois. Mais aussi rempli de touristes pour qui l'essentiel de la ville se trouve dans des boîtes de nuit ultra-glauques de Bourbon Street, et des hordes de baba-cool qui ont tout plaqué pour venir faire des spectacles de diabolo.

On peut comprendre que ça ne soit pas une ville comme les autres: si j'ai bien compris, les premières colonies ont accueilli des repris de justice et des prostituées, des missionnaires et des esclaves, puis une bonne partie des persécutés de l'Amérique du Nord. Dont des Acadiens (francophones). Ca, c'est à partir du moment où ils ont trouvé comment survivre dans un environnement assez hostile tout de même: des températures infernales l'été dans des marais infestés de serpents, d'aligators et autres joyeusetés.

D'ailleurs on a pu voir ça de nos propres yeux.

Photo0247

Les habitants ont trouvé la solution à ce problème: toutes ces bestioles étranges, on n'a qu'à les manger! Ca, c'est l'héritage européen. Du coup qu'est-ce qu'on mange bien, à La Nouvelle Orléans! Je me suis régalée avec des saucisses à l'aligator et des plateaux entiers d'écrevisses, ou bien tout simplement de la soupe de poisson locale, pour une bouchée de pain. Enfin un endroit où le contenu de l'assiette compte plus que la décoration.

Bref: un super break.

Posté par pekinoscope à 14:25 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
03 mars 2012

Décidément, toutes les salles de classe du monde se ressemblent. Quand je vais donner mes cours je ne suis pas trop dépaysée par rapport à mon dernier poste à Roubaix: la brique rouge est très présente sur le campus. Ce sont les mêmes couloirs tout droits, avec des alignements de salles grandes et petites et des étudiants dedans. L'équipement, c'est tout pareil: un bureau en bois pour le prof, des tables individuelles pour les étudiants (façon pupitre d'écolier, c'est rigolo) et un vidéoprojecteur avec un système de commande incompréhensible. Et le détail qui tue: la chaise du prof est une antiquité en bois qui grince et qui bouge. Je ne me suis pas fait piéger: je donne cours debout, en m'appuyant sur le bureau. La différence, c'est que je suis passée de 80 à 4 étudiants. Et qu'ici ils font leurs devoirs. Mais ils négocient quand même pour en avoir moins. Ca doit être universel...

Et puis bon, il y a quand même un truc qui n'est pas pareil. C'est la vue, depuis la salle de classe.

IMG_0036

On est juste au-dessus du fleuve Potomac. Au fond, en blanc, le Kennedy Center. L'île avec les arbres, c'est le mémorial de Theodore Roosevelt. Derrière, la Virginie.

Posté par pekinoscope à 02:36 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
28 février 2012

La compagnie des autres

Lors d'un week-end à New York, j'ai demandé à un professeur de l'université Columbia de me recevoir. Il a accepté. Mais quand je me suis présentée devant lui, il avait oublié le rendez-vous. Il m'a quand même reçue une vingtaine de minutes entre deux réunions.

On m'a dit par la suite: oui, ils font tous ça, ils font exprès pour se donner un genre. C'est très "Columbia", et c'est très "New York". Peut-être. New York a l'air d'être très dure dans le genre. En tous cas, ce n'est pas le cas à Washington du tout. Ici, c'est tout l'inverse: on est reçu partout, hyper facilement. On appelle la Maison Blanche pour parler au spécialiste nouvelles technologies? Ne quittez pas, je vous le passe. Bon, c'est une ville de lobbyistes. Les gens sont payés pour vous recevoir et vous connaître.

Pourtant cette sociabilité a ses limites. Les gens de la côte Ouest trouvent parfois que les relations sociales manquent de naturel ici. Les gens font beaucoup de mondanités, mais il s'agit surtout de "faire du réseau". On papillonne de l'un à l'autre pour faire la connaissance d'un maximum de personnes, on échange des cartes de visite (ou pas) plus vite que son ombre. Et on passe toujours un "fantastic time" avec des gens qu'on ne reverra jamais. Une de mes collègues, qui a passé beaucoup de temps en Californie, soupire: elle aimerait bien prendre un peu plus le temps de juste profiter de la compagnie des gens, au lieu de sentir que ces moments doivent servir à quelque chose qui lui échappe parfois. 

Mais je suppose que d'autres trouveraient à redire sur la manière de socialiser des Californiens... Le contraste entre les différentes cultures au sein même des Etats-Unis est assez fascinant.

Posté par pekinoscope à 02:07 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]