Grande nouvelle: mon supermarché s'agrandit. Je viens de lire ça sur un blog local.

Dans un village d'environ cinq ou six mille habitants, où les voitures sont bannies de l'essentiel des chemins, l'approvisionnement est une question qui tient tout le monde en haleine. La plupart des enseignes de Hong Kong refusent de livrer sur l'île, ou avec un supplément et des délais importants. Du coup, on se retrouve à trimbaler tout et n'importe quoi dans le bateau, depuis les sacs de courses jusqu'aux meubles et à l'électroménager. Et puis après il faut ramener ça sur le vélo, galère.

Alors les commerces locaux ont un avantage comparatif sans pareil: ils livrent à domicile, jusqu'au bout de votre petit chemin en haut de la colline s'il le faut, les bouteilles de gaz et d'eau ou le nouveau frigo. Sur un vélo ou sur un charriot, par tous les temps. Et je vous assure que chez certains, c'est loin et ça monte. Autant dire que ce sont des magasins très courus, chez qui tout le monde se croise.

Et puis il y a les réseaux sociaux: on se retrouve dans des groupes Facebook, pour échanger les bons plans, et se revendre des trucs d'un hameau à l'autre, depuis la voiture jusqu'aux livres pour enfants en passant par les étagères. Ca vaut beaucoup mieux que d'organiser une nouvelle livraison. Maintenant on a l'impression de connaître la moitié du village rien qu'à les regarder échanger sur les réseaux sociaux. Il y a ceux qui sont toute l'année en train de vendre des trucs dérisoires parce qu'ils "vont déménager", ceux qui dévorent les documents municipaux pour nous alerter sur les projets de développement, ceux qui défrichent des chemins dans les bois et postent le plan pour que tout le monde aille se promener, ceux qui dénoncent les chauffards et ceux qui sauvent le troupeau de boeufs en liberté etc. Tout un village qui discute sur Facebook.

Enfin, ce n'est pas exactement le même village que celui qui est habité par les Hongkongais. C'est le village anglophone, cosmopolite, qui est souvent extraordinairement pratique et convivial, mais qui fait parfois beaucoup penser à Desperate Housewives. Heureusement certains participants nous font partager leur ironie toute british quand les conversations prennent un tour un peu trop futile, c'est à dire tout le temps.

En attendant je fais comme tout le monde: j'apprends par là qu'on peut connaître la qualité de l'eau des plages sur le site du Environmental Protection Department et que mon supermarché pourrait bientôt être encore mieux achalandé au goût des expats (mais j'ai pas encore vérifié). Des préoccupations qui se trouvent très haut dans mes priorités, maintenant.