La semaine dernière avait lieu la fête de la mi-automne, ou fête de la Lune. C'est un moment assez festif où les familles se rassemblent pour pique-niquer sur les plages et allumer des lampions à la tombée de la nuit. (Pour en savoir plus sur Wikipedia: c'est ici).

Le lendemain matin, sur la plage, c'était l'apocalypse. Les reliefs des pique-niques étaient restés sur place, intouchés: bouteilles, sachets de chips, lampions, bouteilles, sacs en plastique etc. Pas seulement les éléments que tel ou tel aurait oublié derrière lui. Non, l'ensemble des ordures produites au cours de la soirée traînaient sur la plage et dans l'eau. Pourtant la plage est très bien équipée de grandes poubelles. Apparemment les gens ont la conscience tranquille, parce qu'ils savent que quelqu'un passera ramasser derrière eux.

C'est un phénomène qui ne manque pas de me choquer, et comme moi beaucoup d'expatriés, à en juger par mes récentes conversations et lectures sur les réseaux sociaux. Nous avons d'un côté une population qui vilipende des Chinois du continent pour avoir laissé un enfant uriner au bord d'un trottoir, et d'un autre côté la même population n'a pas la plus petite once de conscience au sujet des ordures répandues dans l'espace public.

Dans l'espace privé non plus, en fait. Les ordures sont fréquemment déposées sur des terrains privés qui sont de facto transformés en décharge, malgré l'interdiction officielle de ce genre de décharges sauvages. Il y a plusieurs raisons à cela. Pour certains propriétaires de terrains, la présence d'objets de récupération divers et variés peut aider à prouver l'utilisation effective du terrain, et donc à garantir le droit de propriété sur ce terrain.

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De plus, la question du stockage est vraiment problématique sur l'ensemble du territoire hongkongais, et beaucoup de gens ont tendance à acheter du matériel bon marché et à le jeter sur place (pour le barbecue ou de petits travaux) plutôt que de le remporter chez soi ou dans un atelier en fait inexistant. Par exemple, les ouvriers qui ont posé ce grillage devant ma maison sont repartis en laissant tous leurs outils exactement à l'emplacement où vous les voyez sur l'image. Les propriétaires du terrain étaient plus préoccupés par l'idée que nous pourrions nous approprier le terrain en y plantant des fleurs, que par celle d'y voir rouiller des outils. De toute façon, maintenant tout a disparu sous la végétation (soupir).

De manière générale, la question de la gestion des ordures est un casse-tête à Hong Kong, et se débarraser des encombrants dans le terrain vague ou le jardin inoccupé le plus proche peut être bien moins coûteux que de rechercher une solution plus propre. Ou alors il y a simplement la flemme et l'inconscience, qui semblaient à l'oeuvre lorsqu'un employé des services de collecte des ordures a été repéré par un habitant du village en train de vider les sacs poubelle dans le fossé l'un après l'autre sur le chemin du point de collecte. Bref, c'est pas encore ça.